Deux mots avec Ricci/Forte

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ENTRETIEN AVEC RICCI/FORTE

Le 24 et le 25 mars ils seront au Nouveau Théâtre de Montreuil pour Darling (Hypothèses pour une Orestie) en partenariat avec la MC93 dans le cadre du festival Le Standard idéal 2015.

– Dans une interview, vous avez dit que « l’ordre social dans lequel
nous avons grandi, et qui nous a formé, a engourdi et dévalué
l’individu. » Que reste-t-il de l’homme dans le monde d’aujourd’hui ?

Que peut-il rester à une personne qui s’accroche à une épave flottante
dont les vagues lui imposent une direction? Peut-être qu’il lui reste
l’espoir de trouver un terrain solide, un nouvel humanisme pour
réhabiliter les jours restants. Dans cette complaisance formelle où
maintenant, sans même nous en rendre compte, nous sommes endormis, le
réveil est toujours douloureux, mais, probablement, des nouvelles
terres à l’horizon peuvent redonner le désir de mettre à jour notre
base de données affectives et morales, pour construire quelque chose
d’authentique.

darling2281
– Actuellement vous travaillez beaucoup à l’étranger, en France,
Russie, Japon … pensez-vous qu’il soit possible de sortir la vie
culturelle italienne de son sommeil?

L’Italie est désormais une carte postale en trois dimensions, une
boule de neige, immergée dans un liquide qui, quand on le secoue,
produit des paillettes éphémères et brillantes. Les italiens depuis
leur naissance doivent faire face à un passé merveilleux. Cette
situation favorise l’apathie congénitale, inscrite dans l’ADN, qui les
oblige à vivre au ralenti et à se contenter de la poussière laissée
par des millions de touristes sur leurs ruines. Dans cette paresse, ce
Moyen-Âge culturel dans lequel ils sont abandonnés à cette léthargie
sereine, il faut ajouter la présomption des Césars : une arrogance
bienveillante qui les fait se complaindre d’être les dernières roues
du carrosse dans une Europe qui se déplace à « grande vitesse », en
laissant  la botte italique régionale, lente et en retard constant sur
l’avenir.
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– Pouvez-vous me dire quelque chose sur vos futurs projets?

Cet été, nous allons commencer les répétitions pour notre deuxième
production russe. Kirill Serebrennikov et le Teatro Gogol vont
soutenir notre nouvelle recherche inspirée par le roman d’Evgenij
Zamjatin, WE (Nous).  Après nous allons à Saint-Pétersbourg pour la
préparation du DECAMERON qui fera ses débuts en 2016.


En Italie, nous ouvrirons la saison du Teatro Biondo de Palerme en
automne avec un projet sur GATTOPARDO, de Tomasi di Lampedusa. En
attendant, nous recueillons des idées et des matériaux pour effectuer
une enquête performative basée sur le roman inachevé Pétrol de
Pasolini, qui sera faite au printemps 2016 avec le CSS d’Udine,
producteur de beaucoup de nos aventures.

darling3282

Propos recueillis par Camilla Pizzichillo en février 2015 à Paris.
Dessins de Camilla Pizzichillo.
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