Une vie à la Allen Ginsberg

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Giovanna con braccio de Camilla Pizzichillo
  1. Enfance

 

Je me lève, je te fuis,

Découvre la colère, ce bras amputé

Arrache les épaulettes de tous mes chemisiers

torche mes larmes,

La peau brûle et enfle.

Sur une boîte de chocolat instantané une date d’expiration,

1995,

 

Le métro, je te fuis,

Le métro qui avance en file indienne, qui m’écrase

Sur son passage en tranchée. C’est la guerre.

Les gens se trouent les pieds les uns des autres

Et s’acharnent, entre deux pannes. Se poussent

Sur les radiateurs brûlants,

Une échelle incendie, mon voyage sur le toit.

 

Je te fuis, l’Herbe Rouge, les radiateurs, les rats,

Je continue l’Herbe Rouge, insatisfaite,

Butte sur le mal des fantômes,

Allen que pensais-tu de Benjamin ?

 

Je reste assise, Je te fuis,

Toute la journée ainsi prostrée à réaliser le rêve d’un idiot,

Que je ne connais pas,

Je plante un couteau dans le temps, il pousse, je m’affole

me ronge les ongles jusqu’au sang, m’arrache des poignées de cheveux,

 

Le soir, je brûle peaux, ongles, cheveux et jette mes cendres

A la Seine.

Je te fuis, mais la nuit, sur le plâtre glacé de mes quatre murs,

Se découpe ton ombre qui hulule à la lune.

 

Odile Effré

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