Des territoires (Nous sifflerons la Marseillaise…) de Baptiste Amann

Quand, il y a trois ans, Baptiste Amann, metteur en scène de Des territoires (Nous sifflerons la Marseillaise…) écrit ce texte, il souhaite répondre à une question : quel type de révolution appellera le 21ème siècle.

Il s’agit d’un réflexion (ou bien une réaction) à l’actualité, à ce qu’il sentait monter dans le
pays, comme souligne en novembre 2015. Qu’avons nous fait des nos valeurs? Face aux remontées fascistes, aux idées djihadistes, à l’ascension du Front National : quoi faire et comment répondre à cette actualité ? Faut-il repenser notre manière de faire une révolution ? C’est autour de ces réflexions que Des territoires (Nous sifflerons la Marseillaise…) prend forme.

Présentée au Théâtre Ouvert de Paris du 29 janvier au 19 février 2016, cette création raconte un moment de vie de quatre frères et sœurs habitant un pavillon de banlieue dont ils espèrent (ou bien rêvent) s’enfuir.
Nous sommes catapulté au moment après la mort de leurs parents : quoi faire ? Rester ou
partir ? C’est ici que le titre prend tout son sens : le territoire de banlieue, le territoire maison, le territoire comme identité, le territoire familiale… ces territoires sources de conflits internes, de disputes domestiques.

Les réflexions sont multiples et s’entremêlent au quotidien de cette fratrie de la banlieue.
Hafiz a un magasin de vêtements, d’origine algérienne, il a été adopté par la famille en 1981. Samuel, beau, sûr de lui, travaille pour une association de quartier. Lyn, la sœur, s’occupe de tout, et notamment de Benjamin, le frère handicapé. Ces personnages nous font voyager dans le temps. Le présent, centré sur les questions liées à l’enterrement des parents, devient alors un prétexte pour raconter l’intimité de ces quatre protagonistes à travers leurs souvenirs, leur devenir adultes. C’est alors, sous les notes du groupe Abba, que Benjamin, parfaitement interprété par Olivier Veillon, nous dévoile, avec grande émotion pour nous spectateur, la cause de sa démence : un accident de voiture.

Leurs relations sont intenses, à la fois pleines d’amour et de domination. Entre rage, haine et volonté d’exister, chacun se trouve lié à l’autre dans cette quête pour apprendre à vivre (et à survivre à) la banlieue. Comment exister et coexister avec l’autre ? La puissance de Des territoires (Nous sifflerons la Marseillaise…) est dans ces aller-retours constants entre intime et collectif, entre monde extérieur et monde familiale, entre l’introspection de chacun de personnages et les références à l’histoire collective. Tout est lié, comme dans un immense territoire commun.

Cristina Catalano

Du 29 Janvier au 19 Février à Théâtre Ouvert (Paris)
Du 23 Février au 5 Mars à la Comédie de Reims

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