INTERVIEW A MARTIN FAUCHER

RETOURS DU FESTIVAL TRANSAMERIQUES

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Crédit Maude Chauvin

 

Culture Dessinée rencontre Martin Faucher, directeur artistique de la dernière édition du Festival TransAmériques.

Après deux semaines de programmation, le festival s’arrête et nous donne rendez-vous à l’année prochaine. Nous échangeons alors avec Martin Faucher au siège du FTA à Montréal.

 

Culture Dessinée: Le Festival TransAmériques vient de se terminer. Vous avait été son directeur artistique pour la deuxième fois : quel a été votre rôle pendant ces deux semaines au FTA ?

M.F : Mon travail pendant deux semaines a été de m’assurer que le public puisse rentrer dans les salles de spectacles. Je voulais être présent dans les lieux du FTA. J’ai voulu garantir que les espaces du festival soient confortables pour le public, les artistes et les professionnels : être au centre du festival. Tout ceci m’a apporté beaucoup de satisfaction.

Culture Dessinée: les différents spectacles du FTA sont-ils montrés selon un ordre qui fait du sens ?

M.F. : Oui, certainement. Toute au long des quinze jours du FTA j’ai voulu donner la place à la multiplicité, à la pluralité des discours. Nous avons assisté aussi à une certaine évolution. La programmation commence par Marthaler, ou sur scène nous voyons le témoignage de toute une longue tradition théâtrale, avec beaucoup de comédiens relativement âgés, pour finir avec Gala de Jérôme Bel. Ici nous assistons à l’hyper représentativité de notre société autant dans la virtuosité que dans le ratage.

Culture Dessinée : dans Gala nous assistons à une volonté de ne pas se prendre au sérieux, de jouir de l’échec…

M.F. : Mais nous assistons à cela également avec Marthaler. La jouissance de l’échec et du ratage est très présente aussi.

Culture Dessinée : est-ce qu’il est réconfortant pour un public de voir l’échec sur scène ? Dans la possibilité au ratage est représentée toute la complexité humaine. L’erreur ne serait-elle pas une possible manière de bâtir, de se renouveler ?

M.F. : Oui… je pense à Dana Michel à ce propos. Ou bien la pièce J’aime Hydro ne parle que d’échecs. Christine Beaulieu se montre à travers ces échecs de comédienne et de citoyenne dans un pays qui accumule les échecs. Je pense que le FTA cette année témoignait de l’échec et de la désillusion. Nous avons aussi assisté à une volonté de laisser tomber les activismes pour être dans un rapport plus direct avec l’autre, afin de laisser la place à la création de relations intimes avec l’autre. Le spectacle de Pieter Ampe, So you can feel, par exemple, est complètement dans ce rapport à l’intime.

Culture Dessinée : dans la programmation de l’OFFTA, y a-t-il, à votre avis, quelque chose que vous auriez voulu voir dans l’FTA ?

M.F. : Malheureusement je n’ai pas pu voir autant de spectacles que j’aurais voulus au OFFTA à cause des horaires et des incompatibilités avec la programmation du FTA. J’ai été très marqué par le solo de Daina Ashbee, When the ice melts, will we drink the water? et sa pièce a été magnifique. Elle est une artiste que je regarde depuis un an environ et je vois son potentiel, donc, elle risque de se retrouver programmée dans le FTA dans quelques années.

Propos recueillis par Cristina

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