Une exposition chez Les Babayagas

EPISODE 1

20/20 Artistes solidaires avec les Babayagas de Montreuil.

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Crédit : Jean-François Lançon

 Une exposition chez Les Babayagas, c’est le premier épisode d’un projet consacré à ma rencontre avec les Babayagas. Les épisodes seront écrits à la première personne, comme dans un journal intime, dans le but de mélanger mon expérience subjective aux réflexions sur des nouvelles manières de vivre avec l’autre, notamment en communauté. Je souhaite faire connaitre, diffuser, donner envie et s’inspirer des Babayagas pour vivre autrement sa propre vieillesse. Elles sont aussi pour moi un modèle d’économie solidaire. J’ai décidé d’accompagner l’écriture de chaque épisode sera par un autre médium : photographies, dessins, interviews…Ces narrations seront le fruit d’une collaboration avec des camarades, des amis artistes qui m’accompagneront dans une recherche formelle, esthétique pour mes récits.

 

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Crédit : Jean-François Lançon

 

Samedi 26 novembre, je me suis rendue au 6 rue de la Convention à Montreuil : un espace connu sous le nom de la Maison des Babayagas. Aujourd’hui, à partir de 16h, se tient le vernissage de l’exposition « 20/20 – Artistes solidaires avec les Babayagas de Montreuil ».

C’est la deuxième édition de cette initiative : environ une trentaine d’artistes (dont certaines Babayagas) exposent leurs tableaux au format de 20cm sur 20cm et soutiennent, avec la vente de leurs œuvres, le projet de développement du jardin participatif de la Maison des Babayagas. Le prix unique est fixé à 20 euros par œuvre, 10 pour l’artiste, 10 pour les Babayagas. Tout le monde y gagne. Dans un esprit d’économie solidaire l’art devient le biais pour tisser des liens avec les autres (artistes, public, Babayagas), soutenir, sensibiliser et diffuser la création contemporaine, et trouver les moyens économiques pour autofinancer des projets. C’est comme ça que, l’année dernière, le jardin des Babayagas a vu le jour.

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Crédit : Jean-François Lançon

Je me suis imposée de ne pas trop me renseigner, ni trop lire ou voir à propos des Babayagas car je voudrais les découvrir petit à petit, je désirerais pouvoir faire confiance à mes sens, à mes sensations, à  mes idées. Bref, je souhaiterais avoir le moins d’a priori possibles pour ce premier et nouveau projet. Pour en parler, je dois remonter le temps, quand, il y a quelques années Jeremy m’a parlé de Thérèse Clerc, et d’une maison à Montreuil crée par (et pour) des femmes âgées qui ont envie de vieillir ensemble dans l’autonomie : une maison de femme autogérée. Ce projet m’a tout de suite parlé, mais il m’a fallu un peu de temps pour que je me décide à aller à leur rencontre. Pourquoi alors ? Tout d’abord car j’ai envie de connaitre ces femmes, de les découvrir par mes yeux et par les liens que je serai capable de construire (si j’en suis capable…) avec elles.

Je fais confiance aux signes que la vie me laisse sur mon chemin : je découvre qu’à cette exposition participe Jean-François, un ami artiste qui expose ses photographies et qui s’engage à illustrer ces mots avec ses clichés documentaires sur le vernissage. Puis Fréderic Morestin, connu il y a quelques années, qui suit et soutien cette initiative depuis ses débuts. Ces conjonctions ne seraient-elles que des coïncidences? Probablement, et en même temps comment ne pas se le dire et considérer que je suis sur le bon chemin ! J’ai envie de me nourrir de ces femmes et d’échanger avec elles, dans une période de la vie où je suis plus que jamais en quête de la femme que je suis.

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Crédit : Jean-François Lançons

C’est aussi une période où je me demande avec de plus en plus d’insistance comment créer de nouvelles formes de vie avec l’autre, des formes créatives plus écologiques, des formes où l’épanouissement personnel se construit (et se soutient) par le contact avec l’autre, où la vie partagée devient une alternative économique et sociale (et politique) à la solitude, à la pauvreté et à l’isolement. Les Babayagas sont-elles un exemple de cette alternative ?

Quand j’arrive à l’exposition, je me trouve dans un espace sobre et simple, mais bien aménagé. Les œuvres sont très diverses : dessins, photographies, peintures… Les sujets traités aussi. Pourtant c’est très agréable au regard, le format 20×20 apaise la vision. Les yeux parcourent les deux salles. Les murs accueillent les tableaux regroupés par zones, ils se baladent comme dans une danse sur les parois des deux pièces. J’ai l’impression que l’espace, pourtant assez froid, avec ses grosses lumières au néon, se réchauffe et s’harmonise grâce à ces créations. Le public aussi est très hétérogène : des jeunes, des enfants, des Babayagas (je retrouve Iro, Cathy et Odette…), c’est le lieu de la rencontre. Plusieurs tables recueillent des boissons et de quoi grignoter, tout semble être fait pour favoriser le lien. Puis je choisis mon œuvre : une jolie peinture abstraite, sur les tons du vert, composée de grosses et épaisses touches de matières picturales. J’ai l’impression d’y sentir la femme forte qui l’a façonnée, une Babayagas connue lors de ma première rencontre à la maison des Babayagas, il y a quelques semaines. Un petit morceau d’elle chez moi, un peu de l’énergie de cette femme dans mon intimité. Tout cela me fait penser alors au nom de Babayaga, issu du russe (ou du slave) Baba Yaga, personnage célèbre des contes russes, est parfois décrite comme sorcière, parfois comme une ogresse (Baba, signifiant « la femme du peuple » et Yaga, qui peut alors être qualifiée de brune, de vieille…).

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Crédit : Jean-François Lançon

Je profite aussi du jardin partagé, un joli petit espace vert, qui est le fruit de cette initiative. Je me dis que c’est une réussite : je le vois comme un petit cadeau que les Babayagas se sont faites, et qu’elles nous ont offert comme la conséquence tangible de cette initiative. Cette année l’argent recueilli servira à le développer et y organiser des projets culturels. Iro Bardis, l’actuelle présidente de la Maison des Babayagas (et résidente !), lors de nos échanges autour de mon projet, avait partagé avec moi ses convictions sur le pouvoir de l’art pour fédérer et faire avancer les choses vers une « transition de notre société ». Pour elle le changement, qu’il soit politique, social ou économique, devrait passer par les projets culturels : l’art devrait être partout, rentrer dans les villes, dans nos vies et les amener petit à petit vers une nouvelle prise de conscience. Je me sens en harmonie car je partage complètement cet état d’esprit. J’ai l’impression que l’art pourrait très bien remplacer la rhétorique politique, remplacer les bla bla par le faire et par la création. Iro me confie même avoir le projet d’une résidence pour artiste à l’intérieur de la Maison des Babayagas : une occasion aussi pour donner de la place aux échanges intergénérationnels (auxquels elle semble accorder un grand pouvoir – encore une autre chose qui me fais me réjouir !).

Je quitte l’exposition avec l’envie d’en savoir plus. J’essaye d’imaginer comment ce projet pourrait m’échanger (me changer ?). Les Babayagas sont pour moi un exemple à diffuser sans modération : je me demande alors si j’aurais le courage un jour de mettre en place moi-même un exemple similaire! A suivre…

Cristina Catalano

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Crédit : Jean-François Lançon

 

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Une réflexion sur “Une exposition chez Les Babayagas

  1. j aimerais visiter votre espace de vie, y sentir la vie et comme vous l organisez entre partage, independance et corvées peut être.
    y est il possible d y poursuivre son petit violon d ingres?que comprend un partement?

    J'aime

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