Avancer paupières closes

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Photo de Paul Orso, « Cheminement Corse

 

C’est d’abord, un lieu pour se perdre – un « chemin qui ne mène nulle part ». C’est un lieu où nous devons progresser à tâtons, tactilement, parce que nous sommes incapables de prévoir ses embranchements multiples. C’est un rhizome, quelque chose qui évoque les réticulations végétales d’un tubercule, d’une écorce ou d’une feuille, les galeries minérales d’une fouille archéologique, les vaisseaux capillaires de mes propres paupières, les sutures de mon propre crâne. Sculpter, selon Penone, c’est prendre le « sentier disparu », c’est renoncer aux formes prévisibles, c’est retrouver un cheminement dans l’inévidence du matériau informe : «  trouver le sentier, le parcourir, le sonder en écartant les broussailles, c’est cela la sculpture. »

 

Georges DIDI-HUBERMAN, Etre Crâne

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