Tellurismitérations

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Une oeuvre de Raoulette

II. Ritorno

Salgo (nello spazio, fuori del tempo)

L’acqua il vento
La sanità delle prime cose –
Il lavoro umano sull’elemento
Liquido – la natura che conduce
Strati di rocce su strati – il vento
Che scherza nella valle – ed ombra del vento
La nuvola – il lontano ammonimento
Del fiume nella valle –
E la rovina del contrafforte – la frana
La vittoria dell’elemento – il vento
Che scherza nella valle.
Su la lunghissima valle che sale in scale
La casetta di sasso sul faticoso verde :
La bianca immagine dell’elemento.

La tellurica melodia della Falterona. Le onde telluriche. L’ultimo asterisco della melodia della Falterona s’inselva nelle nuvole. Su la costa lontana traluce la linea vittoriosa dei giovani abeti, l’avanguardia dei giganti giovinetti serrati in battaglia, felici nel sole lungo la lunga costa torrenziale. In fondo, nel frusciar delle nere selve sempre più avanti accampanti lo scoglio enorme che si ripiega grottesco su sé stesso, pachiderma a quattro zampe sotto la massa oscura : la Verna. E varco e varco.

Traduction en français de  Michel Sager :

II. Retour

Je monte (dans l’espace, hors du temps)

L’eau le vent
La santé des choses premières –
Le travail humain sur l’élément
Liquide – la nature qui entasse
Couches sur couches de rochers – le vent
Qui rit dans la vallée – et ombre du vent
Le nuage – l’avertissement lointain
Du fleuve dans la vallée –
Et l’écroulement du contrefort – la chute
La victoire de l’élément – le vent
Qui rit dans la vallée.
Sur la très longue vallée qui grimpe en gradins
La petite maison de pierre sur l’herbe maigre :
L’image blanche de l’élément.

La mélodie tellurique de la Falterona. Les vagues telluriques. Le dernier astérisque de la mélodie de la Falterona s’embusque dans les nuages. Sur la côte lointaine transparaît la ligne victorieuse des jeunes sapins l’avant-garde des jouvenceaux géants rangés en bataille, heureux dans le soleil le long de la longue côte torrentielle. Au fond, dans le bruissement des noires forêts qui bivouaquent toujours plus avant l’énorme rocher qui se replie sur lui-même, grotesque, pachyderme à quatre pattes sous la masse obscure : la Verna. Et j’avance toujours.

 

Campana, Dino, Chants orphiques, « II.Ritorno », traduction de l’italien par Michel Sager, Ed. Seghers, 1977, p. 72-73.

Date de parution originale des Canti orfici, 1914.

 

 

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