» Je ne me souviens que de l’avenir. »

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Nostalghia, d’Andreï Tarkovsky, piazza del Campidoglio, Rome.

 

Domenico, sur la statue équestre de Marc Aurèle, vocifère, tendre : 

 Quel ancêtre parle en moi ?

Je ne peux vivre pas simultanément et dans ma tête et dans mon corps. C’est pourquoi je ne peux pas être une seule personne. Je peux sentir en moi d’innombrables choses à la fois.

Il n’y a plus de grands maitres. C’est le véritable malheur de notre temps.
Le chemin du coeur est recouvert d’ombre.
Nous devons écouter les voix qui semblent inutiles dans les cerveaux pleins de longs tuyaux d’égouts du mur d’école, des tarmacs et des documents de bien-être sociaux.
Le bourdonnement des insectes doit entrer.
Nous devons remplir les yeux et oreilles de tous avec des choses qui seraient le commencement d’un grand rêve !
Quelqu’un doit crier que nous construirons des pyramides. Qu’importe si nous ne le faisons pas.
Nous devons alimenter ce souhait et étirer les coins de l’âme comme une feuille sans fin.

Si vous voulez que le monde avance, nous devons nous prendre les mains. Nous devons mélanger les soi-disant sains avec les soi-disant malades.
Vous, les bien-portants ! Que signifie votre santé ?
Les yeux de toute l’humanité regardent la fosse dans laquelle nous sommes plongés.
La liberté est inutile si vous n’avez pas le courage de nous regarder dans les yeux, de manger, boire et dormir avec nous ! C’est la soi-disant santé qui a amené le monde au bord de la ruine.
Homme, écoute ! En toi, eau, feu et puis cendres, et les os dans les cendres.
Des os et des cendres !

Où suis-je quand je ne suis pas dans la réalité, ni dans mon imagination ?
Voici mon nouveau pacte :
qu’il y ait du soleil la nuit et qu’il neige au mois d’aout.
Les grandes choses finissent, ce sont les petites qui durent.
La société doit s’unir à nouveau au lieu d’être autant morcelée.
Il suffit d’observer la nature pour comprendre que la vie est simple.
Il faut revenir en arrière, à ce point exact où vous vous êtes engagés dans le mauvais chemin.
Il faut retourner aux fondements essentiels de la vie, sans salir l’eau.
Dans quel monde vivons nous si un fou doit vous dire que vous devriez avoir honte ?

Et maintenant, musique.

Oh mère, oh mère…

L’air est cette chose légère qui flotte autour de ta tête et devient plus claire quand tu ris.

Prenant un bidon d’essence, il s’asperge de celle-ci.

La musique ne fonctionne mais. Aidez-moi !

La musique de démarre pas, l’homme brûle. Sous la statue du haut de laquelle il se tord se consumant, un homme mime en silence l’action, se roule à terre. L’homme brûle. La musique avec ses cris. Silence de la voix –  musique.

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