QU’IL VIVE !

 

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par François Kupka, L’Assiette au beurre, « Religions », n°162,  1 janvier 1904.

 

 

 

QU’IL VIVE!

 
Dans mon pays, les tendres preuves du printemps et les oiseaux mal habillés sont préférés aux buts lointains.

La vérité attend l’aurore à côté d’une bougie. Le verre de fenêtre est négligé. Qu’importe à l’attentif.

Dans mon pays, on ne questionne pas un homme ému.

Il n’y a pas d’ombre maligne sur la barque chavirée.

Bonjour à peine, est inconnu dans mon pays.

On n’emprunte que ce qui peut se rendre augmenté.

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits.

On ne croit pas à la bonne foi du vainqueur.

 

 

 

Dans mon pays, on remercie.

 

 

René CHAR, Les Matinaux, « QU’IL VIVE ! » Poésie / Gallimard, 1950.

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