Sade / Chimère

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par Mose, dans Le Paradis et l’Enfer.

 

 

 

« On m’eût enfermé, j’eusse passé pour un scélérat: ne vaut-il pas mieux l’être effectivement, en jouissant de tous les droits des hommes… en étant libre enfin, que d’en être soupçonné dans les fers ? Ne vous étonnez pas que l’homme devienne criminel quand on le dégradera, quoique innocent; ne vous étonnez pas qu’il préfère le crime à des chaînes, dès que dans l’une ou l’autre situation il est attendu par l’opprobre. Législateurs, rendez vos flétrissures moins fréquentes, si vous voulez diminuer la masse des crimes; une nation qui sut faire un dieu de l’honneur peut culbuter ses échafauds, quand il lui reste, pour mener les hommes, le frein sacré d’une aussi belle chimère… »

 

Donatien Alphonse François  de Sade, Les Crimes de l’amour,  publication originale en 1800, rédaction à la Bastille de 1787 à 1788, Éditions 10/18, 1971, p. 83.

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