Au marché

 

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Quand par les stries des volets,

Passèrent les rayons sur mes paupières closes,

Muant ce noir en un jaune orange et rose,

Me revint le temps, le jour présent, jour de marché,

Et ma nudité recouverte, le dehors j’entrepris de pénétrer.

S’ensuivirent quelques bonjours de loin,

Le sourire vierge et matinal,

Les heures ne l’ont pas encore rendu banal.

Les gens savent-ils la confiance étrange qui anime un être savant

qui pénètre le dehors,

qui entre dans ses rues, sans ne rien avoir à se reprocher ?

Déjà quelques Parques disposaient sur leurs étals comètes,

étoiles et corps stellaires,

La réunion de ces petites boules formait

un vitrail comestible et athée,

Par gouaille, je décidai d’apostropher une marchande:

« Vous le savez, je hante ce quartier depuis la nuit des temps,

Je ne suis point citoyen du monde mais orphelin de l’univers,

A moi vous refourgueriez des choses conçues à des siècles-lumières ?

Des denrées que vous interdiriez à vos enfants ?

Vos astres proviennent ils bien de notre Voix lactée ?

Qu’en est il de leur traçabilité ? »

Penaude, elle s’enquit de l’information auprès d’un gros homme

qui certifia que tous ses astres provenaient du marché d’Orion.

Je tâtai quelques planètes.

J’ai touché Neptune et j’eus les mains bleues.

Quelques anneaux de Saturne raviraient mes filles,

Elles pourront faire du cerceau.

 

Nicolas Macé

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