Maria

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Un dessin de La Rousse

 

Il m’a dit qu’elle venait de Centre-Afrique. Qu’elle était réfugiée… En bonne européenne, non seulement je ne connais pas la situation politique dans ce pays mais je ne savais même pas le placer sur une carte.

Mais j’ai reconnu dans ses yeux la pudeur. Celle d’être encore là, de ne pas savoir pourquoi, ni même comment. Le sourire beau et franc, d’une tristesse à jamais ancrée, celle-là même d’avoir tout perdu et d’avoir retrouvé quelque chose de différent, ailleurs… Mais jamais ce qui a été perdu…

Alors c’est ça que j’ai vu dans ses yeux, la pudeur d’avoir éternellement perdue et d’en être triste. Mais savoir que la vie continue et que même si l’on se doit de pleurer nos morts, ils ne sont plus là pour nous consoler. Que même si la maison brûle, il nous faut en trouver une nouvelle. Que tout est irrémédiablement perdu, mais que la perte ne nous a pas emmenée avec elle et nous sommes encore là. Irrémédiablement las et triste.

Au fil des années la tristesse devient comme une compagne. Et alors elle fait ça : elle enveloppe, pose un voile sur les émotions et il ne reste alors plus que la pudeur de visible par tous. Et la sienne je l’ai vue et je l’ai adorée.

La Rousse

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